Quarts de nuit
kouassi Esther
kouassi Esther
| 11-09-2026
Équipe scientifique · Équipe scientifique
Un changement relativement mineur dans la planification des quarts de nuit pourrait offrir des avantages significatifs pour la santé des médecins travaillant régulièrement de nuit. Des chercheurs de l'Université du Missouri ont étudié des médecins en médecine d'urgence qui effectuaient habituellement des quarts de nuit de 22 h à 6 h.
Au cours de l'étude, ces quarts ont été avancés de deux heures, se déroulant désormais de 20 h à 4 h. Cet ajustement visait à permettre aux participants de dormir pendant une plus grande partie de la période nocturne traditionnelle et à mieux aligner le repos sur le rythme circadien du corps.
Quarts de nuit

Pourquoi le timing est crucial

Le travail de nuit peut perturber le cycle naturel veille-sommeil du corps, particulièrement lorsque les individus restent éveillés jusqu'aux premières heures du matin puis tentent de dormir pendant la journée.
Des recherches antérieures ont établi un lien entre la perturbation circadienne et une augmentation de l'inflammation, ainsi qu'un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète et d'épuisement professionnel. Les chercheurs du Missouri souhaitaient déterminer si le décalage horaire d'un quart de nuit, sans supprimer totalement le travail nocturne, pouvait produire des bénéfices mesurables.
Le projet était dirigé par Matthew Robinson, président du département de médecine d'urgence à la faculté de médecine de l'université.

Baisse des marqueurs inflammatoires

Les chercheurs ont mesuré plusieurs biomarqueurs avant et après le changement d'horaire, notamment les taux de globules blancs et de plaquettes.
Ces deux indicateurs ont diminué après que les médecins sont passés au quart de nuit plus précoce. Des niveaux élevés de ces marqueurs peuvent être associés à une activité inflammatoire, ce qui suggère que le nouvel horaire a pu réduire une partie du stress physiologique lié au travail de nuit.
Toutefois, ces résultats ne doivent pas être interprétés comme la preuve qu'un décalage de deux heures peut prévenir les maladies chroniques. L'étude s'est concentrée sur des biomarqueurs spécifiques et des résultats liés au sommeil, et des études plus vastes seront nécessaires pour déterminer la portée générale de ces résultats.

Amélioration du sommeil

Les participants portaient des dispositifs Fitbit pour suivre leurs habitudes de sommeil tout au long de l'étude. Après le passage à l'horaire de 20 h à 4 h, les médecins ont connu un sommeil plus réparateur et ont déclaré se sentir plus frais. Le fait de terminer le travail plus tôt signifiait également qu'ils pouvaient passer davantage de temps éveillés le jour suivant plutôt que de dormir pendant une grande partie de celui-ci.
Ce changement semble avoir amélioré la qualité de vie. Les participants ont rapporté avoir plus de temps pour leur famille, les activités sociales et les routines quotidiennes diurnes.
La réponse a été suffisamment positive pour que, une fois l'expérience initiale terminée, les médecins aient voté en faveur du maintien du nouvel horaire.
Quarts de nuit

Cela pourrait-il fonctionner ailleurs ?

Ces résultats pourraient avoir des implications au-delà de la médecine d'urgence, bien que cela reste à vérifier.
Matthew Robinson espère que de futures recherches examineront si des changements d'horaires similaires pourraient bénéficier aux infirmières, qui travaillent souvent des quarts de nuit de 12 heures, ainsi qu'à d'autres employés du secteur de la santé et aux travailleurs des industries fortement dépendantes des horaires de nuit.
L'étude, intitulée « Les horaires réduisent les biomarqueurs inflammatoires et améliorent le sommeil chez les médecins en médecine d'urgence lors du travail par quarts », a été publiée dans *The American Journal of Emergency Medicine* en 2026.
La recherche suggère que la protection des travailleurs de nuit ne nécessite pas toujours des changements majeurs dans les systèmes de personnel. Dans ce cas, avancer un quart de nuit de deux heures a été associé à un meilleur sommeil, à une baisse des biomarqueurs liés à l'inflammation et à une amélioration du bien-être quotidien — un ajustement modeste de l'horaire avec des implications potentiellement utiles pour les lieux de travail fonctionnant 24h/24.