Coyote vs. Acme
Tanoh Roseline
| 25-08-2026

· Équipe de divertissement
Peu de films ont un historique de production aussi chaotique que <i>Coyote vs. Acme</i>. Initialement prévu pour une sortie plusieurs années plus tôt, le film achevé a été mis au placard par Warner Bros. avant d'être finalement racheté par Ketchup Entertainment. Il arrive désormais dans les salles américaines le 28 août 2026.
Face à ce contexte tumultueux, la plus grande surprise réside dans la légèreté du produit fini. Loin de porter le poids de son parcours mouvementé, le film embrasse l'énergie absurde des Looney Tunes classiques pour en faire un hybride vivant entre prises de vues réelles et animation.
Un procès que seul Vil Coyote pouvait intenter
Depuis des décennies, Vil Coyote compte sur les produits ACME dans ses tentatives incessantes pour attraper Bip Bip. Fusées, aimants et autres dispositifs improbables ont tous un point commun : ils se retournent presque toujours contre lui. Cette fois, Coyote décide qu'il en a assez et attaque ACME en justice pour ses produits défectueux.
Son avocat est Kevin Avery, interprété par Will Forte, un juriste en difficulté dont l'instinct est généralement d'éviter tout effort inutile. Coyote, quant à lui, est incapable d'abandonner. Ce contraste crée le duo comique central. John Cena incarne Buddy Crane, l'avocat sophistiqué représentant ACME, tandis que Lana Condor joue Paige, la nièce de Kevin.
La logique cartoon rencontre le monde réel
Le réalisateur Dave Green traite la présence de personnages animés parmi les humains comme quelque chose de totalement normal.
Cette décision est cruciale. Personne ne perd son temps à expliquer pourquoi un coyote de dessin animé peut engager un avocat ou comparaître devant un tribunal. Le monde humain fonctionne simplement selon une logique tout aussi absurde que celle des cartoons.
La comparaison évidente est <i>Qui veut la peau de Roger Rabbit ?</i>, un autre film construit autour d'un monde où personnages animés et humains coexistent. Ici, cependant, le ton reste beaucoup plus proche des rythmes slapstick rapides des courts-métrages Looney Tunes traditionnels.
Explosions, inventions désastreuses et comédie physique exagérée s'enchaînent constamment, mais le film donne rarement l'impression de simplement copier les anciens dessins animés.
Will Forte trouve le juste équilibre
Forte a la sagesse de garder Kevin relativement réservé. Cela permet à Vil Coyote de rester la source silencieuse et obsessionnelle du chaos, tandis que Kevin réagit aux situations de plus en plus absurdes qui l'entourent.
Leur relation évolue progressivement vers une comédie de buddies mal assortis. Un personnage refuse de se rendre en aucune circonstance ; l'autre préférerait arrêter dès que quelque chose devient inconvenant. C'est une dynamique simple, mais elle donne à l'histoire suffisamment de structure émotionnelle pour soutenir les blagues de prétoire et les gags visuels élaborés.
Un film fait pour les fans de Looney Tunes
Le film regorge de références à l'univers plus large des Looney Tunes.
Des personnages familiers apparaissent tout au long du film, dont Bugs Bunny, Daffy Duck, Foghorn Leghorn et d'autres, aux côtés de clins d'œil beaucoup plus obscurs destinés aux fans de longue date.
Certaines références peuvent passer complètement inaperçues auprès des spectateurs qui ne connaissent pas les anciens dessins animés, mais elles n'interrompent rarement l'histoire. Plus important encore, le film comprend le rythme de l'humour Looney Tunes : les blagues arrivent rapidement, les catastrophes s'escaladent sans avertissement et aucune situation ne reste sensée très longtemps.
Toutes les blagues ne font pas mouche
La dernière partie devient légèrement plus conventionnelle que ne le laisse penser le début. À mesure que l'intrigue s'étend au-delà du procès initial, la narration devient parfois plus chargée que nécessaire, et certaines satires corporatives suivent des sentiers battus.
Néanmoins, le film avance assez rapidement pour que ces faiblesses ne deviennent jamais de sérieux problèmes. Sa plus grande force est son enthousiasme. Les cinéastes prennent clairement du plaisir dans cet univers plutôt que de traiter les personnages comme de simples marques nostalgiques qu'il faut remettre à l'écran.
L'attente en valait la peine
<i>Coyote vs. Acme</i> fonctionne parce qu'il n'essaie jamais de rendre Vil Coyote respectable ou réaliste.
Il reste obsessionnel, indestructible et spectaculairement malchanceux — sauf que cette fois, sa détermination lui donne enfin quelque chose pour lequel se battre.
Inventif, énergique et fièrement absurde, le film transforme l'une des histoires de sortie les plus étranges d'Hollywood en un retour véritablement divertissant pour l'univers Looney Tunes.