L’ennemi silencieux
koffi Angèle
koffi Angèle
| 03-02-2026
Équipe scientifique · Équipe scientifique
L’ennemi silencieux
L’inflation ne se fait pas ressentir de façon spectaculaire au jour le jour, mais elle peut discrètement remodeler un budget sur plusieurs années. Lorsque les prix du quotidien augmentent, la même paie ou le même solde d’épargne permet d’acheter moins qu’auparavant.
Cela a des conséquences, que l’argent soit placé sur un compte bancaire, mis de côté pour un objectif important ou destiné à financer la retraite. La clé consiste à anticiper la hausse du coût de la vie.

L’inflation expliquée

L’inflation est la hausse générale des prix des biens et des services dans le temps. Il ne s’agit pas seulement d’un produit qui devient plus cher, mais d’une tendance à la hausse qui modifie ce que l’argent peut acheter. Lorsque l’inflation est plus élevée que le rendement généré par l’épargne liquide, le pouvoir d’achat s’érode. Le montant inscrit sur le relevé peut augmenter, mais sa valeur réelle diminue.

Les prix dans la vie réelle

L’évolution des prix devient évidente lorsqu’on compare le passé au présent. Un billet de cinéma qui coûtait en moyenne 6,41 $ en 2005 a atteint 11,23 $ en 2023, transformant une sortie occasionnelle en une dépense nettement plus importante. Des schémas similaires apparaissent souvent dans le logement, l’éducation et les soins de santé. C’est précisément pour cette raison que les objectifs à long terme nécessitent une croissance de l’épargne, et non simplement son stockage.

Les mathématiques de l’épargne

Un exemple simple illustre clairement le problème. Placez 100 $ sur un compte rapportant 1 % pendant un an, et vous obtenez 101 $. Si l’inflation est de 2 % sur la même période, un panier d’articles qui coûtait 100 $ en coûte désormais 102 $. L’épargnant gagne un dollar en termes nominaux, mais perd en réalité l’équivalent de deux dollars en pouvoir d’achat.

Qui est le plus touché ?

L’inflation pèse le plus lourdement lorsque l’argent est épargné pour un achat futur précis. Un apport personnel pour un logement, un fonds pour les études ou un déménagement prévu peuvent devenir plus coûteux tandis que l’épargne accumulée ne croît que lentement. Les retraités en ressentent aussi les effets, car un retrait fixe permet d’acheter chaque année un peu moins de biens essentiels. Certaines pensions publières de retraite incluent des ajustements en fonction du coût de la vie, indexés sur des mesures de l’inflation.

Mesurer l’inflation

L’inflation est suivie à l’aide d’indices de prix. L’indice des prix à la consommation (IPC) est un indicateur largement cité qui mesure l’évolution d’un large éventail de dépenses des ménages, telles que le logement, les transports et les frais médicaux [[1]]. Un autre indicateur est l’indice des prix à la production, qui observe les prix plus en amont de la chaîne d’approvisionnement. Ces mesures aident à estimer à quelle vitesse le pouvoir d’achat évolue.

Pourquoi les prix augmentent-ils ?

Les prix peuvent grimper pour plusieurs raisons. Une forte demande peut faire monter les coûts lorsque de nombreux consommateurs se disputent une offre limitée. L’expansion de la masse monétaire et des conditions de crédit faciles peuvent également stimuler les dépenses, ce qui peut soutenir des prix plus élevés. L’inflation peut aussi être temporaire : un gel sévère peut réduire la récolte d’oranges, restreindre l’offre et faire grimper les prix en supermarché jusqu’à ce que la production revienne à la normale. L’économiste Milton Friedman affirmait que « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » [[21]].

La réaction des taux

Lorsque l’inflation s’accélère, les autorités monétaires rendent souvent l’emprunt plus coûteux pour freiner la consommation. Des taux d’intérêt plus élevés peuvent ralentir la souscription de nouveaux prêts, réduire la demande et atténuer la pression sur les prix avec le temps, bien que les effets ne soient pas immédiats. Quand l’inflation est faible et la croissance molle, des taux plus bas peuvent encourager l’emprunt et l’investissement. Pour les épargnants, ces changements influencent les rendements des dépôts et le coût d’opportunité de détenir de l’argent liquide.

Première ligne de défense

La première protection consiste à choisir des supports d’épargne liquide offrant des rendements compétitifs. Les comptes d’épargne à rendement élevé et les comptes sur livret peuvent offrir de meilleurs intérêts que les comptes courants classiques, aidant ainsi à réduire l’écart avec l’inflation. Pour les objectifs à court terme, la liquidité reste essentielle ; il faut donc éviter de courir après le rendement avec des fonds dont la valeur pourrait chuter juste avant leur utilisation.

Les obligations indexées sur l’inflation

Certaines obligations sont spécifiquement conçues pour répondre à l’inflation. Les Titres du Trésor protégés contre l’inflation (TIPS, pour *Treasury Inflation-Protected Securities*) s’ajustent en fonction des variations de l’IPC, ce qui peut aider à préserver le pouvoir d’achat [[11]]. Certains bons d’épargne comportent également des caractéristiques liées à l’inflation. Ces outils visent à réduire le risque que l’inflation n’érode silencieusement l’épargne à long terme, bien qu’ils comportent tout de même des limites, des implications fiscales et des considérations liées au moment de l’investissement.

L’exposition aux actions

Sur de longues périodes, les actions diversifiées ont historiquement été l’un des moyens pour les investisseurs de devancer l’inflation, car les entreprises peuvent parfois augmenter leurs prix et faire croître leurs bénéfices. Les fonds indiciels et les fonds négociés en bourse (ETF) permettent de répartir le risque sur de nombreuses sociétés plutôt que de miser sur quelques titres seulement. Les frais comptent : des options à faible coût permettent souvent de conserver une plus grande part du rendement pour l’investisseur.

Les options en or

Les métaux précieux comme l’or et l’argent sont parfois utilisés comme couverture partielle, notamment lorsque les investisseurs s’inquiètent du pouvoir d’achat de la monnaie. L’exposition peut se faire via des avoirs physiques ou des fonds diversifiés qui suivent les cours des métaux. Ces actifs peuvent être volatils, ils fonctionnent donc généralement mieux comme une petite partie d’un plan équilibré, et non comme une stratégie complète.

Adaptation au risque

Une défense intelligente contre l’inflation doit correspondre à la tolérance au risque et à l’horizon de placement. L’argent nécessaire à court terme bénéficie généralement de la stabilité, même si les rendements sont modestes. L’argent à long terme peut souvent prendre plus de risques sur les marchés en échange d’une croissance attendue plus élevée. La diversification entre liquidités, obligations et actions permet de ne pas dépendre d’un seul outil, tandis qu’un rééquilibrage périodique maintient le niveau de risque aligné sur les objectifs.
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Conclusion

L’inflation réduit ce que l’épargne peut acheter, surtout lorsque les rendements des comptes sont inférieurs à la hausse des prix. Comprendre les indicateurs d’inflation, reconnaître les causes des fluctuations des prix et choisir une combinaison de supports d’épargne compétitifs, d’obligations indexées sur l’inflation, de fonds d’actions diversifiés et de couvertures modérées peut aider à protéger le pouvoir d’achat dans le temps.